mimouna ,femme-ogresse

 

Mimouna, femme-ogresse

 

 Comme toute chose, Mimouna la mythique subit les aléas du temps, des influences culturelles ou simplement les lubies des conteurs. Ainsi elle peut se décliner en plusieurs versions. Nous essaierons de nous coller du mieux que nous pouvons à la version originelle.

 On racontait qu’une femme-ogresse ou ogresse-femme, enceinte chassée par la faim est venue se réfugier dans l’une des grottes près d’une source de l’endroit qui porte aujourd’hui son nom. Elle y trouva subsistance Elle enfanta 7 enfants-ogres ou ogres-enfants qu’elle avait du mal à nourrir. Ainsi ses journées furent empreintes de durs labeurs accompagnées de complaintes pour faire nourrir sa progéniture. Un jour, un passant, s’y aventurant par là, entendit les complaintes de la pauvre créature, s’enquit de leurs raisons et continua son chemin vers le marché. A son retour le soir, il revint avec 7 gandouras et 7 chéchias aux nouveau-nés. Il les offrit joyeusement à la maman en voulant la voir les habiller, ce qu’elle refusa catégoriquement en lui faisant promettre de ne pas jeter un moindre regard en direction des petits, ce qu’il feignit accepter. En les habillant, elle surprit le curieux donateur l’épiant du regard. Prise d’une colère verte, elle se jeta sur ses rejetons et commença à les avaler l’un après l’autre. Sorti de sa torpeur, il la supplia d’épargner les survivants en échange de sa personne. Du drame, trois en survécurent, Daoud, Moussa et Nedjar qui formèrent depuis la tribu d'Ath Meddour.

 On ne sait depuis par quelle magie, elle amassa des trésors qu’elle entassait au fond de la grotte, surveillée  par un géant noir. Malheur à qui s’y aventurait ou tentait de l’y dérober. Claude Carrère conta l’astuce de l’endormir dans le cercle des menteurs en le faisant manger un concombre ensorcelé. Des chercheurs de trésors venant de l’Afrique de l’ouest « lemgharba » s’y relayaient en quête du fameux butin. Est-ce à force de regret de son geste monstrueux et de ses prières auprès de Dieu que ce dernier la pardonna et lui attribua des vertus exceptionnelles à travers l’endroit où elle avait demeuré.

Ainsi, Mimouna, est devenue au-delà de la beauté pittoresque du rocher un lieu cultuel et de pèlerinage. On y vient par processions demander guérison en buvant ou se baignant dans l’eau de sa source ou passant à travers quelques boyaux naturels. Comme on vient réclamer la clémence du ciel quand il tarde à pleuvoir… On ne peut clore l’histoire de Mimouna sans évoquer ses fidèles gardiens, les habitants du village « Thibbwa », dont seules quelques ruines résistent au temps. Où étaient passés, que sont devenus ces habitants au moins depuis 2 siècles. Une autre légende à écrire...

 

 

                                                                                                                                                                                                  Salah AMZIL

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